„Une œuvre de Tchaïkovski. Doumka“

Projet d’Aglaya Zinchenko, porté par l’association Arts en Synergie

Concept :

Le concept de ce projet est une variante de la formule « 1 heure – 1 oeuvre », que j’ai créée et réalisée ces dernières années autour d’œuvres diverses.

http://aglaya-zinchenko.com/1-heure-1-oeuvre/

La principale nouveauté est la suivante : il n’y a pas d’explications ni de commentaires, mais diverses réalisations d’une même œuvre musicale dans diverses disciplines artistiques, pour l’éclairer sous toutes ses facettes.
Je souhaite réunir quelques artistes de diverses disciplines autour d’une oeuvre pianistique assez brève, d’environ 10 minutes, mais complexe, et les inviter à créer et interpréter une version de cette oeuvre dans leur propre langage artistique. J’imagine une incarnation multiple de Doumka(qui a été écrite pour piano solo), en mouvement comme un film ou une danse, ou statique comme une peinture ou un poème récité (la frontière dynamique-statique est bien sûr poreuse).
Si Tchaïkovski n’avait pas été un compositeur, mais un écrivain – comment aurait-il écrit sa Doumka ? Et s’il avait été un sculpteur – quelle forme aurait reçue sa Doumka ? C’est la question ou le défi posé aux artistes.
Je souhaite que leurs propositions soient intégrées à un spectacle global sous la direction d’un scénariste-scénographe en concertation avec les intervenants, de manière à offrir au public non pas une suite d’illustrations, mais un vrai panorama, et à l’amener à une nouvelle conception critique des frontières entre les arts, frontières mouvantes qui sont faites pour être franchies.
Pour aller des propositions les moins inattendues aux plus dissonantes, mentionnons la danse, la poésie lyrique, le récit, le drame, la peinture, la sculpture, le cinéma, figuratif ou abstrait… Si certaines peuvent être à égalité de durée avec la pièce musicale, et synchronisées, d’autres n’en nécessitent pas moins une adaptation temporelle particulière. Une oeuvre picturale pourrait être exécutée pendant la durée de la pièce sous les yeux du public. Une sculpture pourrait être exposée elle aussi en continuité ou dévoilée à un moment propice.
Chaque intervenant aurait par principe l’entière liberté de sa proposition, à charge pour le scénariste-scénographe d’organiser le continuum dans un dialogue avec eux tous.
Ce spectacle serait donc écrit, et non improvisé, même si tel ou tel artiste pourrait proposer, pour sa part, un aspect improvisé sur un canevas ou un thème connu des autres. La dimension écrite de ce spectacle permettrait d’en proposer plusieurs représentations et de le faire tourner.

Intérêt :

– laisser écouter une même œuvre plusieurs fois de suite, pour vivre l’expérience d’un changement d’écoute et de perception : d’abord grâce à sa répétition, produisant un effet croissant de reconnaissance, puis grâce aux réalisations dans les diverses disciplines, qui sans doute cherchent au bout du compte à exprimer la même chose par des moyens différents

– ébranler le mode de perception habituel de la musique classique : une musique… 1. …pour les mélomanes, 2. …à écouter dans un concert standard, 3…. à visionner sur YouTube ou écouter sur CD

– attirer le public le plus diversifié possible, grâce aux divers arts rassemblés, et que chacun puisse y trouver son compte en ne s’adressant justement pas qu’aux mélomanes habituels

– offrir aux spectateurs une expérience singulière du temps autour de la musique

– passer du temps devant un « tableau musical », repasser au même endroit par d’autres portes, proposer une expérience analogue à celle de l’exposition d’un unique tableau dans un environnement muséal dynamique où le spectateur est invité à rester plongé tout au long – ouvrir un espace-temps où se développe une histoire continue, cohérente, et non une suite de « numéros » (comme beaucoup de concerts sont des suite arbitraire de « morceaux »). Afin de permettre à chaque spectateur d’approfondir sa plongée dans l’univers de l’oeuvre sans rupture même entre la continuité du vécu et celle du spectacle, jusqu’à l’effacement de l’art-artifice, performance.

Déroulement :

Spectacle d’environ 1h20. Au début une interprétation piano solo de Doumka. Ensuite sur chaque réalisation (danse, théâtre, peinture) la pièce serait jouée de nouveau (sauf sur le texte littéraire et le film). Il est envisageable qu’un tableau soit peint dans le temps limité de l’interprétation de Doumka, opération renouvelée à chaque représentation (le tableau créé pendant la soirée pourrait être vendu aux enchères à la fin). La sculpture créée sera exposée à chaque représentation.

Mon rapport personnel à la Doumka de Tchaïkovski :

Doumka en do mineur pour piano solo op. 59 (1886) de Tchaïkovski est une des quelques pièces qui ne font pas partie d’un opus, mais sont écrites comme des entités autonomes. D’une durée de 10 minutes environ, elle est assez complexe et accessible à l’écoute en même temps. Elle est construite en 3 parties, la centrale se présentant comme une suite de variations, dont chacune explore des mondes et sentiments divers : danse, chant, pluie, euphorie, tristesse, joie, sur un mode figuratif au point qu’ils sont aisément reconnaissables par le spectateur, et qu’il peut facilement s’y identifier. Souvent de 4 mesures chacune, elles s’enchainent dans une sorte de montage rapide, dans lequel les « images » changeraient toutes les 10 secondes. Les parties 1 et 3 nous plongent dans des réflexions, dans la beauté, et une certaine mélancolie, que l’on associe volontiers avec « l’âme russe » …

Créateurs :

Aglaya Zinchenko – pianiste-concertiste
http://aglaya-zinchenko.com

Catherine Lanoir – danseuse-chorégraphe
http://trajectoires-obliques.fr

Compagnie Psaodi – danse contemporaine
https://anadipsaodi.wixsite.com/ciepsaodi

Delphine Ziegler – vidéaste
http://aglaya-zinchenko.com/delphine-ziegler/

Frédéric Jager – sculpteur
http://www.frederic-jager.com/ 

Jean-Marie Pierret – peintre
http://aglaya-zinchenko.com/jean-marie-pierret/

Sine nomine – un écrivain (en cours de recherche)

Sine nomine – mis en scène (en cours de recherche)